mardi 30 novembre 2010

Comment faire l'amour au Prince Charmant sans se fatiguer

J'ai toujours été une romantique improbable. Romantique, car je crois au prince charmant sur son cheval blanc, un bouquet de roses rouges entres les dents, qui viendrait me délivrer de mon patron tyrannique en pleine période de rush et qui me ferait l'amour sur mon bureau, me procurant orgasme sur orgasme avec sa grosse queue. Improbable, parce que je suis allergique à tout ce qui a du poil, mon bureau s'effondrerait surement sous notre poids, car il est fait cheap et merde, je suis clitoridienne. On oublie l’amour sur le bureau et la grosse queue, donc. N'empêche, j'y crois quand même un peu. Au pire, je n'aurais pas d'orgasme du premier coup, du moment qu'il n'oublie pas les roses. Parce que les fleurs, j'y tiens. S’en acheter et en recevoir, c’est deux mondes quand même.

Et merde, on fait déjà nous les femmes assez d'effort pour plaire aux maudits hommes! Je m'épile, je mange des graines de lin, de la salade, je m'entraine, je mets des bas nylons qui piquent et quoi encore! Je suis inscrite sur Réseau Contact, je me suis tapé des soupers en tête-à-tête avec un Raymond qui ne voulait pas s'engager, un Rémy qui trompait sa femme enceinte (il avait peur de faire mal au bébé), un Simon qui n'avait manifestement pas oublié son ex (il a crié «MAUUUUDE» pendant l'orgasme et je m'appelle Françoise) et bien d'autres que j'essaie d'oublier. J'ai même eu des morpions d'un certain Jean-François, celui qui avait un minuscule pénis et une perruque. J'ai écris une liste de tout ceux avec qui j’ai couché, ça peut toujours être utile, on ne sait jamais.

Je veux de l'amour, de la romance, des fleurs, du champagne, des fraises, une suite au Ritz Carlton! Je veux un homme dans mon lit pour me réchauffer les pieds quand j'ai froid, pour déboucher mon évier, pour m'écouter bitcher les filles d'Occupation Double, pour essayer des positions inédites du Kama Sutra sous l'eau, je veux du sexe, des explosions, des orgasmes! Me semble que ce n’est pas compliquer, non?

Je ne suis pas un pichou, je suis belle (pour une Françoise), je suis bien faite, j'ai des seins fermes, merde! Pourquoi les hommes que je rencontre sont tous des salauds? Mon amie Marion a dit cette étrange vérité, l'autre soir, pendant que nous étions soûle et que nous nous faisions des shooter de Kirsch (on avait vraiment plus rien à boire, c'était ça...ou nos fonds de bières). Elle a donc dit que «Si les hommes ne nous choisissent jamais pour aller plus loin qu'une baise, c'est parce que nous les femmes, nous ne sommes pas solidaires. Au lieu de fermer les jambes à double tour, on baise à droite et à gauche comme des salopes dans l'espoir de tomber sur le bon gars qui voudra s'engager et lui, ben après il a le choix. Si les femmes étaient solidaires, qu'elle a beuglée, ben elles ne baiseraient pas avec tous les gars qui leurs font des beaux yeux, elles seraient inaccessibles et les gars, quand ils en auraient une, une à eux, ben ils resteraient avec elle, stie. Ça aurait tellement été dure d'en pogner une, ciboire!» Après je ne me rappelle plus ce qu'elle a dit, on était soule grave et on est tombée dans les bras l'une de l'autre avant de partager la toilette.

Depuis, j'ai eu une idée.

Quand j'écume les bars, le samedi soir, je remarque toujours une chose: il y a une horde d'hommes qui ne pognent pas dans les bars. Il y a le petit à lunette, le gros, celui que sa mère habille, le puceau: une horde d'hommes dis-je qui ne demande que d'être aimés. Si j'en attrape un, que je me suis dite, il ne voudra pas se sauver. Il va tellement être content d'être dans le lit d'une femme qu'il va faire tout ce que je désire! Et surtout, il va m'aimer. Tout le monde sait que les gros mangent leurs émotions. C'est plein d'amour à donner ce monde là. Alors si j’en attrape un, un qui ne pogne pas, il ne se sauvera pas. Il va rester avec moi, toujours. Et il va m’aimer parce que moi, moi Françoise j’aurais daigné poser mon regard sur lui un soir alors que toutes les autres l’auront ignoré. C’est tellement l’évidence même que je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt.

Alors samedi dernier, je suis sortie. J’ai mis ma plus belle robe, mon décolleté le plus avantageux, mes beaux souliers vernis et je suis partie, en laissant derrière moi un sillage de parfum hypnotisant. J’étais prête. À moi les hommes. À moi le Prince. À moi le cunnilingus qui dure 5 minutes. Ce soir, je rencontre l’homme de ma vie.

Dans le bar, j’ai remarqué quelques prospect. Un ou deux à lunette, un petit gros, un puceau (enfin, ça s’est mon interprétation) et plusieurs, mais là plusieurs laiderons. J'ai opté pour celui que je croyais puceau. Et je lui ai sorti le grand jeu.

J'ai ri, secoué mes cheveux, frotté mes seins contre ses bras, titiller la cerise qu'il y avait dans mon verre avec ma langue et finalement, je lui ai demandé s'il avait envie de jouer au billard. Avant de commencer, je lui ai dis: "On parie? Si tu gagnes, on va chez toi. Si je gagne, on va chez moi". J'avais peur qu'on fasse un match nul ou qu'il rentre la 8 trop vite, mais finalement, il a gagné. J’avais peur que ma proposition on ne peut plus indécente le fasse venir trop vite, mais non. Ça augurait bien, pour un puceau.

Nous sommes partis, bras dessus-dessous, en nous embrassant comme des déments. Pour un puceau, il frenchait terriblement bien et au dépanneur, il a arrêté pour m'acheter des fleurs.

J'étais aux petits oiseaux.

Nous sommes entré dans son appartement et honnêtement, je n’ai pas eu le temps de voir comment c’était fait (de toute façon, je vais tout re-décorer quand je vais emménager), car il m’a plaqué au mur si violement que la tête s’est mise à me tourner. J’ai eu peur d’être malade, mais heureusement, il m’a vite emmené dans sa chambre et une fois à l’horizontale, j’allais un peu mieux.

Et puis? Ben ce ne fut pas fameux. Il devait vraiment être puceau.

Mais bon, je m’y attendais tout de même. On aura toute notre vite pour faire l’amour comme des bêtes! Et j’ai pris un cours de sexe tantrique, un jour, alors je saurais comment faire retarder son éjaculation…Bref j’en étais à penser à notre futur mariage quand il s’est étendu près de moi, en soupirant d’aise. Je l’ai regardé, pensant qu’il me dirait des mots doux, des mots d’amours, qu’il me chanterait du Cabrel. Mais au lieu, il a simplement dit :

-Hum…C’est quoi ton p’tit nom, déjà?

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